Littérature : “L’égalité sans condition" de Réjane Sénac


“Liberté, égalité, sororité”. Cela suscite des réactions ! En changeant le dernier mot de la devise, Réjane Sénac, politologue française, questionne le fondement prétendument égalitaire de la République. La devise se présente-t-elle alors comme sentinelle, protégeant et réalisant l’égalité ? Ou au contraire, celle-ci perpétue t-elle les inégalités entre citoyens ? Ainsi, elle met en lumière l’incohérence entre l'égalité proclamée, enfant de révolution et son application dans le réel, inégalitaire.

L’essayiste se penche sur la notion de fraternité, dernier wagon de la devise, dont le rôle est de permettre la coexistence des deux premiers termes. Or, l’usage du terme “fraternité” est un agent discriminant, bien que censé signifier “solidaire”. Cela implique la formation de deux catégories de citoyens : les “frères” et les “non-frères”. Les “non-frères” ( femmes, non-blancs) subissant un processus d’exclusion, ils sont dépolitisés contre leur gré.


Elle soutient aussi l’idée que la marche vers l’égalité ne doit pas se faire au nom de la performance. Dénonçant l’argument économique tel que “la diversité, c’est bon pour le business”, Réjane Sénac défend une égalité pure, dépourvue de logique de rentabilité. Car ceux qui ont été exclus de la participation politique pour leur singularité se trouveraient réhabilités au nom de ces mêmes spécificités, telles les deux faces d’une même pièce. Une solution ? La reconnaissance de chacun en tant que semblable.


Auteur: S.Poirier

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