Littérature : L’espoir de André Malraux.


Si André Malraux est davantage connu pour son rôle de ministre de la culture, il l’est aussi pour son engagement contre le fascisme en Espagne dans les années 30. Là-bas, il a été à la tête de l’escadrille España auprès des Républicains pendant la guerre civile. C’est de cette expérience qu’est né son roman L'Espoir, publié en 1937. “ […] quelques milliers d’hommes parmi les plus misérables d’Espagne partaient avec leur fusil de chasse contre les fusils mitrailleurs de l’infanterie maure”. Dans ce roman, Malraux décrit les débuts du conflit, l’espoir et l’illusion des républicains, leur soif de renouveau et de fraternité vite confrontée à l’organisation militaire et froide du fascisme. Cette œuvre déconstruit les illusions et niaiseries associées à l’image de la guerre civile pour en montrer toute la profondeur et la gravité. La puissance de ce roman réside dans la capacité de Malraux à montrer la naissance et l’adaptation des camps d’opposition face aux horreurs du fascisme. Il insiste sur la vitesse à laquelle ils ont pu perdre conscience de la cause pour laquelle ils avaient commencé à se battre. L’idéal ne suffit pas pour gagner la guerre. À partir de là, le camp républicain fait face à un défi : gagner la guerre tout en restant fidèle à son idéal.


Ce roman retrace en fait l’évolution du camp républicain et l’abandon rapide de son illusion lyrique face à la cruauté et la fatalité de cette guerre. La conclusion fait réfléchir à la mission véritable qui se dessine au cours du roman : se libérer de son propre destin, faisant ainsi écho à la vie de l’auteur. « Comme chacun de ces hommes, l’Espagne exsangue prenait enfin conscience d’elle-même – semblable à celui qui soudain s’interroge à l’heure de mourir ».


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