Littérature: L’insoutenable légèreté de l’être






"Einmal ist keinmal", “une fois ne compte pas”, dit un proverbe allemand que nous transmet Milan Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être. Que vaut une vie quand on sait que l'on ne pourra ni la recommencer, ni comparer les différents choix qui nous ont été proposés? Nous n’aurons pas de deuxième et encore moins de troisième vie pour retenter, rectifier les erreurs commises. Elle ne restera qu'une esquisse, voire pire car l'esquisse suggère un aboutissement, une œuvre finale. Non, une vie n’est rien. Tomas est un chirurgien praguois divorcé avec qui le lecteur entame le roman. Il enchaîne les conquêtes amoureuses, plutôt charnelles qu’amoureuses d’ailleurs car elles n'aboutissent à rien. Non par manque de chance, mais par la détermination de Tomas à garder sa liberté. Un soir, il fait la rencontre d'une serveuse, note une coïncidence et c’est sa vie entière qui bascule. C'est dans une perspective philosophique qu'évolue le roman. Les différents personnages, Tomas, Tereza, Sabina Franz et le narrateur interrogent la vie sur de grandes questions. Comment envisager l'Amour ? Peut-on ou doit-on attendre la fidélité, et si oui qu'est-ce ? Les Choses sont-elles en mouvement perpétuel? Où se trouve la légèreté et où est la pesanteur ?


Kundera parvient dans le même temps à offrir un roman d’une grande qualité littéraire. Les personnages et leurs émotions sont décrits au plus près. Le lecteur ne peut douter de leur “véritable” existence lorsqu’il ferme le roman. Plus encore, l’auteur entrevoit et transmet les mouvements qui portent la marche du monde, qui l’actionnent. Le roman est reconnu comme un chef-d'œuvre dès sa sortie en 1982 et il ne fait aucun doute qu’il est voué à la postérité.


Auteur: N.S.



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