Littérature: L’oeuvre de Zola de Émile Zola



Émile Zola érige la fresque historique des Rougon-Macquart et écrit la déchéance d’une famille ouvrière sous le Second Empire. L'ivrognerie, la fainéantise et la promiscuité frayent leur chemin dans les faubourgs parisiens. C’est à chaque nouveau pas dans l’univers de Zola que le lecteur ressent la pulsation d’un grand cœur sous sa semelle.


Le peintre Claude Lantier bat tous les jours ce même pavé. Frappé par la fêlure d’origine de ses aïeux, Claude est maudit. Il ne vit que pour donner vie à son idéal, une œuvre ultime qui affronterait le sublime et effleurerait le divin. Un tableau nécessaire à sa chair comme le pain et l’eau. Mais il est l’artiste maudit, rejeté des siens, incompris, affamé de réussite, piétiné par la fureur de son siècle. Le lecteur l’accompagne à travers une bohème de quelques miettes et trop peu de sous; à travers les illustres Salons, lieux d’exposition privilégiés pour les artistes de l’époque, jusqu’à sa consolation finale.


Zola livre son confiteor d’artiste, l'angoisse atroce de déchoir d'un peintre génie. Pourtant, le combat sans répit de l’artiste pour atteindre son idéal est un cycle interminable de mutilation. Dans la quête du beau, l'artiste est vaincu par sa propre folie. “Ah !” s’exclamait Baudelaire, “faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ?” Laisser sa toile béante? L'œuvre sera-t-elle toujours triomphante devant l’homme vaincu?


12 views