Littérature : La Ferme des Animaux de George Orwell


Imaginez qu’une ferme soit subitement contrôlée par les animaux, sans l’aide d’aucun humain. Voilà ce que décrit George Orwell dans son apologue La Ferme des Animaux publié en 1945. Il met ainsi en scène une véritable pensée directrice, l’animalisme, qui sert de base à une critique sous-jacente du communisme. Après avoir chassé leur bourreau - Mr Jones - de son propre domaine, les animaux de l’ancienne Ferme du Manoir instaurent leur modèle sociétal. Dominé par les cochons et plus particulièrement Napoléon, celui-ci est dirigé selon sept grands principes, appelés les Sept Commandements. Ces derniers sont avant tout destinés à promouvoir une égalité totale entre chaque animal et une vie déshumanisée. Toutefois, ces belles valeurs sont peu à peu mises de côté par les porcs: ils profitent de l'illettrisme et de la naïveté des autres animaux pour se jouer des règles. Si les bêtes deviennent clairvoyantes sur la situation en cours, elles ne peuvent se révolter. Non seulement le meurtre de leurs camarades les a découragés mais le passé les immobilise. Elles se répètent constamment que c’était bien pire avant, que le retour de Mr Jones entraînerait des conditions de vie bien plus dramatiques et déplorables. Ils n’ont pas compris que Napoléon était devenu celui qu’ils haïssaient. George Orwell réalise ici une critique du communisme, chaque personnage correspondant à une personnalité du régime. Mettant en scène la crédulité des animaux, il nous permet de comprendre l’arrivée au pouvoir de régimes totalitaires comme en 1933 en Allemagne. Finalement, il invite même son lecteur à s’interroger sur la société contemporaine et sur une possible dictature déguisée. Serons-nous vraiment capable de nous en rendre compte ?

Auteur: Julien Meier

Rédacteur en chef: Alexandra K.


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