Littérature: La Sorcière de Jules Michelet


A l’heure actuelle, après avoir été longtemps mis à l’écart, le chamanisme, les médecines naturelles et parallèles, la « magie », reviennent sur le devant de la scène, dans la presse et sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, dans nos campagnes, en pleine réhabilitation, l’image de la sorcière est le symbole du mouvement Eco féministe qui prône un retour à une vie proche de la nature, à la médecine par les plantes, aux savoirs ancestraux, aux rites de la tradition païenne, ainsi qu’une lutte contre toute forme d’oppression. Dans ce contexte, La Sorcière de Jules Michelet résonne avec une incroyable modernité.


A sa sortie, en 1862, le livre est considéré comme scandaleux et hérétique. Après avoir été censuré en partie plusieurs fois, il ne sortira sous sa version intégrale qu’en 1911.


Dans ce récit, mélange de faits historiques et de fiction, Jules Michelet, historien, célèbre pour son « Histoire de France », rend hommage à ces femmes qui, pendant plus de mille ans, furent les seuls médecins, utilisant leurs connaissances des plantes, de la nature, et leur sensibilité, pour soulager les maux du corps et de l’âme, là où les prières ne pouvaient rien. Mais pour l’Église, « si la femme guérit sans avoir étudié, elle est sorcière et doit mourir ». C’est la religion catholique contre l’héritage du paganisme grec, l’élimination de ce dernier préparant le terrain à l’arrivée de la médecine pratiquée par des hommes, reléguant les femmes au statut d’assistantes, d’infirmières.


Il faut lire ou relire « la Sorcière ». Certains en retiendront une violente charge anticléricale, d’autres une ode à la Femme d’une rare poésie, mais tous apprécieront le style engagé, passionné voire romantique de l’auteur, étonnant précurseur du féminisme moderne.


Auteur: Christine C.


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