Littérature : La vie devant soi de Romain Gary


Publié le 14 septembre 1975, La vie devant soi est le second roman de Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew, à recevoir les honneurs du prix Goncourt. Alors que nul ne peut prétendre l’obtenir deux fois, le célèbre romancier le publia sous le nom d’Émile Ajar. Lui qui avait tant vécu à travers les rêves de sa mère comme il le décrit dans son roman « La promesse de l’aube », ressentait le besoin de s’affirmer. Ce nouveau nom d’usage lui permit alors de se libérer du passé. La fameuse supercherie ne prit fin qu’à titre posthume, lorsque ce dernier s’éteignit en 1980. Madame Rosa est une vieille femme juive que les horreurs de la guerre ont marquée profondément de leurs fers. Après avoir survécu aux camps de la mort, et parce que la vie « ça ne pardonne pas », celle-ci s’est défendue avec son corps avant de protéger celui des enfants de celles qui, comme elle, se sont prostituées. C’est alors qu’intervient Momo, un jeune enfant ignorant tout de son passé, jusqu’à son âge, ses origines mais aussi ses parents. Madame Rosa l’accueille au sein de son refuge pour enfants de prostituées aux origines très diverses. Débute alors une émouvante histoire d’amour entre un jeune garçon qui a la vie devant lui et une femme qui porte le poids de l’âge sur ses épaules et peine avec le temps à gravir les 6 étages qui l’éloignent de son appartement. Tout au long du roman, le jeune Momo nous prend par la main, nous fait traverser les rues de son enfance, nous fait partager ses craintes, sa quête d’identité, mais aussi ses rencontres. C’est à travers les yeux innocents du jeune homme, ses approximations et ses maladresses de langage pourtant gorgées de vérité que l’auteur nous fait entrer dans son monde. C’est là que réside le supplément d’âme de cette œuvre.


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