Littérature : Le joueur de Dostoïevski


Selon saint Augustin « Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion ».Cette maxime trouve son écho dans Le Joueur, signé de la plume de Dostoïevski en 1866. L’histoire s’articule autour d'Alexeï Ivanovitch, jeune russe de 25 ans, rongé par la passion du jeu. Il risque tout, son argent, son amour, sa vie, pourvu que le mouvement de la roulette ne cesse jamais.


C’est à Roulettenbourg que le jeune slave séjourne, ville thermale accueillant des membres de la haute société, non sans compter parmi eux des grands adeptes du casino. Alexeï côtoie la famille d’un général dont il est éperdument amoureux de la fille. Alors que le général attend impatiemment le décès de sa tante pour en récupérer l’héritage, celle-ci loin d’expirer, fait une arrivée tonitruante ranimant par la même occasion l’ivresse du jeu chez Alexeï.


Dostoïevski y dépeint la fièvre du jeu qui obstrue toute pensée raisonnée chez le jeune russe. Celle-ci est couplée à l’amour qu’il porte pour la fille du général. Ces deux versants d’une même passion deviennent l’essence de la vie d’Alexeï. Il pave son chemin vers la déchéance, puisant sa vitalité dans l’espoir du gain qui le mène à sa perte.


L’intensité est telle que les pages se tournent au rythme de la boule passant d’une case à l’autre. La raison pour laquelle le roman sonne si juste peut être imputée à la vie de l’auteur, rythmée par l’addiction au jeu. In fine, cette œuvre est une critique de la société où l’argent est roi et l’homme esclave.

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