Littérature: Le Liseur de Bernhard Schlink




Le sens profond que Bernhard Schlink confère au « Liseur » fait connaître à ce dernier un succès mondial lors de sa sortie en 1955. L’écrivain et professeur de droit allemand, en présentant différentes questions juridiques et morales que se pose la jeunesse d’après-guerre et en exerçant un devoir de mémoire de la Shoah, fait de son œuvre bien plus qu’un roman d’amour et historique.

Michael Berg a quinze ans lorsqu’il rencontre Hanna Schmitz, de vingt ans son aînée. Commence alors une relation intense, marquée par les lectures à haute voix que Michael fait régulièrement à cette femme mystérieuse, laquelle un jour disparaît sans laisser de traces. Quelques années plus tard, en assistant à un procès dans le cadre de ses études de droit, le jeune homme retrouve Hanna, ancienne gardienne de camp à Auschwitz, sur le banc des accusés. Constatant que cette dernière se défend particulièrement mal, Michael découvre son lourd secret : elle est analphabète. Une fois en prison, Hanna apprend à lire et à écrire, au moyen de cassettes enregistrées par Michael. Celle-ci s’instruit énormément sur la période du nazisme et lèguera, avant de se pendre, ses économies à une rescapée de la guerre. Dans un style simple et poignant, l’auteur met en lumière le dilemme de la génération née après la Seconde Guerre mondiale : aimer un complice des crimes commis pendant la Shoah. Si Bernhard Schlink a été loué pour sa peinture de ce conflit moral et intergénérationnel, il a également subi de vives critiques pour avoir suscité une certaine pitié envers les bourreaux