Littérature : Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini


Bienvenue à Kaboul, dans les années 1970. Amir et Hassan sont frères de lait : ils ont été élevés ensemble, mais n’ont pas les mêmes parents. Le premier est le fils d’un grand commerçant, le second est le fils du gardien. Si Amir et son père sont de purs Afghans, Hassan est un Hazara, une minorité détestée reconnaissable aux yeux bridés de ses membres. Un jour, lors de la fête des cerfs-volants à Kaboul, Hassan est attaqué par une bande d’adolescents, sous les yeux d’Amir, immobile. Les deux garçons ne parleront jamais de cette histoire. Peu de temps après, le Gouvernement afghan tombe, l’armée prend le pouvoir. Amir et son père quittent l’Afghanistan pour les USA, abandonnant Hassan et son père. Amir va grandir dans ce nouveau pays où il est un étranger, où son père et lui ne sont plus aussi riches qu’ils l’étaient en Afghanistan. A New-York, il touche du doigt ce que ressentait Hassan en tant que Hazara à Kaboul : le sentiment de ne pas être accepté par ceux qui l’entourent. Des années plus tard, il retrouve la trace d’Hassan, il apprend ce qu’il est advenu de lui pendant la guerre et tente d’aider les siens du mieux qu’il peut. Ce roman est cru. Dur. Violent. Et tellement poétique. Khaled Hosseini nous emmène au cœur de Kaboul, nous fait sentir ses épices, voir ses mille couleurs et nous invite à observer ses cerfs-volants. Des cerfs-volants qui s’éloignent de la terre ferme en même temps que l’innocence d’Hassan et la candeur d’Amir. Les cerfs-volants de Kaboul nous fait réfléchir sur le rapport à l’autre, celui qui est différent de nous, celui qu’on ne connaît jamais complètement. L’auteur ne nous laisse jamais nous reposer sur ce qu’on croit acquis, il nous bouleverse pour nous transporter toujours plus loin dans l’histoire trouble de ce pays.


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