Mali : pour la France et la communauté internationale, des pressions à minima


Dix jours après un nouveau coup d'État à Bamako, la France a annoncé jeudi 3 juin la suspension de ses opérations militaires conjointes au Mali, pour tenter de pousser la junte au pouvoir vers la transition politique exigée par la communauté internationale. Elle emboîte le pas aux Etats-Unis, dont le département d'Etat a suspendu dès la fin mai l'assistance aux forces de sécurité et de défense du Mali.


La force française Barkhane, forte de 5100 militaires au Sahel, continuera d'opérer mais pour l'heure en solo, précise-t-on au ministère des Armées. En revanche, la force "Takuba" initiée par la France, composée d'unités de forces spéciales européennes et censée former l'armée malienne au combat face aux djihadistes, compte parmi les activités suspendues.


Lors du coup d'Etat d'août 2020, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait fermé ses frontières et stoppé ses échanges financiers et commerciaux avec le Mali pour imposer une transition civilo-militaire. Huit mois plus tard, devant Assimi Goïta, qui s'est fait déclarer président après avoir évincé le duo de civils à la tête de l'exécutif, la Cédéao a suspendu le Mali de ses instances, demandant la nomination "immédiate" d'un nouveau Premier ministre civil et le maintien des élections au début 2022.


Avant même ce second coup d'Etat, la France comptait d'ores et déjà amorcer à partir de l'été un désengagement progressif de ses troupes engagées dans une opération coûteuse humainement et financièrement."Par-delà la position de principe, on peut se demander si cette décision n'est pas une façon pour la France de mettre en récit le désengagement de Barkhane, dont chacun sait qu'il va se produire", selon Elie Tenenbaum, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI).


AFP