Manifestation monstre à Hong Kong en 2019: Les organisateurs jugés coupables


Le 18 août 2019, pendant des heures, un immense cortège avait parcouru pacifiquement les rues du centre de l'île de Hong Kong. Les organisateurs avaient fait état de 1,7 million de manifestants, ce qui représenterait près d'un Hongkongais sur quatre. La popularité de la contestation s'était traduite dans les urnes par un triomphe de l'opposition aux élections locales de novembre 2019. Nouveau clou dans le cercueil de l'exception hongkongaise, la réforme du système électoral local promulguée mardi par Pékin qui marginalise totalement l'opposition parlementaire. Neuf vétérans de l'opposition hongkongaise ont été déclarés coupables, jeudi, de l'organisation d'une des plus grandes manifestations de 2019, une décision qui illustre à nouveau l'implacable répression en cours dans la région chinoise. Parmi les neuf, on retrouve certaines des personnalités les plus respectées de la lutte pour les libertés dans l'ex-colonie britannique, souvent des apôtres de la non-violence qui sont mobilisés depuis des décennies pour l'instauration d'un véritable suffrage universel. Le Tribunal de district de Hong Kong en a déclaré sept coupables d'organisation et de participation à un rassemblement illégal. Les deux autres avaient plaidé coupable. Les neuf, qui risquent cinq années de prison, connaîtront leur peine le 16 avril. Les prévenus qui ne sont pas détenus ont été laissés libres, à condition qu'ils rendent leurs passeports. "Nous sommes très fiers même si nous devons aller en prison pour cela", a déclaré aux journalistes l'ancien député et leader syndicaliste Lee Cheuk-yan. "Quoi que nous réserve l'avenir, nous n'arrêterons jamais de défiler." Un des angles d'attaque de l'accusation a été de dire que cette manifestation illégale avait perturbé le trafic automobile dans la ville. Et dans son verdict, la juge AJ Woodcock a prévenu qu'elle était encline à infliger la peine maximale, avançant que le caractère pacifique du défilé n'était pas une excuse recevable.


Reuters/AFP