Napoléon, le petit Corse devenu Empereur, homme adulé ou honni


Adoré ou abhorré, concentré de passions françaises, il est tantôt "l'Aigle", brillant stratège, tantôt "l'Ogre" guerrier, misogyne et qui a rétabli l'esclavage. Propagateur, en conquérant l'Europe, des acquis de 1789 ou au contraire fossoyeur d'une démocratie naissante.


Né le 15 août 1769 à Ajaccio, au lendemain de l'annexion française, il est le deuxième enfant d'une famille de la noblesse insulaire désargentée. A 10 ans, il parle à peine le français. A 20, quand éclate la Révolution, le sous-lieutenant d'artillerie va gravir à toute vitesse les échelons. Promu général à 24 ans puis général en chef de l'armée de l'Intérieur à 26, il est déjà en vue sous le Directoire.


Homme-clé du coup d'Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799), il rafle la mise en s'emparant du Consulat avant de confisquer le pouvoir comme Premier consul "à vie". Bourreau de travail, Napoléon parachève l'Etat moderne, centralisé et promulgue en 1804 le Code civil, son chef-d'œuvre, qui lui a survécu. Le despote amplifie le culte de la personnalité et se couronne lui-même Empereur des Français le 2 décembre 1804, à Notre-Dame. Tout lui réussit, notamment sur les champs de bataille. Comme à Austerlitz, un an jour pour jour après son sacre.


Poussé à l'abdication le 6 avril 1814, Napoléon est exilé sur l'île d'Elbe. Il part à la reconquête de son trône, occupé par Louis XVIII. Après un débarquement surprise à Golfe-Juan, le voilà revenu au pouvoir, le 20 mars 1815. Les alliés reprennent les armes, les armées napoléoniennes ne font plus le poids et sont battues à Waterloo. Napoléon abdique à nouveau, le 22 juin. Cette fois, les Anglais le neutralisent définitivement en le déportant aux antipodes. Malade, l'empereur déchu meurt le 5 mai 1821. Il a demandé à reposer sur les bords de Seine. Dernières volontés exaucées 20 ans après, aux Invalides, lors de funérailles grandioses.


Reuters/AFP


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