Nicolas Sarkozy, premier ancien président condamné à de la prison ferme


Avant lui, seul Jacques Chirac avait été sanctionné par la justice, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris. Nicolas Sarkozy, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption", va faire appel de sa condamnation à trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis - une peine aménageable.


Les juges ont prononcé la même peine pour l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert et l'avocat historique de l'ex-président, Thierry Herzog, assortie pour ce dernier d'une interdiction professionnelle de cinq ans. MM. Azibert et Herzog ont en outre été reconnus coupables de violation du secret professionnel. Les conseils des deux hommes ont indiqué à l'AFP qu'ils avaient eux aussi interjeté appel qui est suspensif, comme pour M. Sarkozy. C'est dans le cadre de cette dernière affaire que les juges avaient découvert, début 2014, l'existence d'une ligne téléphonique officieuse, ouverte par Thierry Herzog sous l'alias de "Paul Bismuth", pour communiquer avec l'ancien locataire de l'Elysée.


Sur la base de conversations tenues sur cette ligne secrète, les juges ont estimé que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature de M. Azibert pour un poste de prestige à Monaco, en échange "d'informations privilégiées et confidentielles" et sur un pourvoi en cassation qu'il a formé. L'ancien locataire de l'Elysée voulait alors faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels après avoir obtenu un non-lieu dans l'affaire Bettencourt.


Les avocats des prévenus avaient aussi torpillé une enquête préliminaire parallèle menée par le PNF. Visant à identifier une éventuelle taupe ayant pu informer en 2014 Thierry Herzog que la ligne Bismuth était "branchée", elle a conduit à faire éplucher leurs factures téléphoniques détaillées ("fadettes").

Elle a été classée sans suite près de six ans après son ouverture. A ce sujet, trois magistrats du parquet financier, notamment son ancienne cheffe Eliane Houlette, sont visés depuis septembre par une enquête administrative, dont les conclusions sont imminentes.


Reuters/AFP

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