Niger: la présidentielle endeuillée par la mort de sept agents électoraux


Le second tour de la présidentielle au Niger en proie aux violences jihadistes, a été endeuillé dimanche par la mort de sept agents électoraux dont le véhicule a sauté sur une mine. En dépit de l'insécurité provoquée par les jihadistes dans leur pays, les électeurs du Niger ont voté entre le favori Mohamed Bazoum, fidèle du sortant Mahamadou Issoufou, et l'opposant Mahamane Ousmane, ancien président. Dans la matinée, sept membres locaux de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ont été tués dans l'explosion de leur véhicule qui a roulé sur une mine qui venait d'être posée dans la région de Tillabéri (ouest) proche du Mali, a annoncé à l'AFP le gouverneur de cette région, Tidjani Ibrahim Katiella, précisant que l'explosion a également fait "trois blessés". Le drame est survenu à Waraou, une localité située sur la commune de Dargol dans la région de Tillabéri, à une centaine de km de Niamey, zone dite "des trois frontières" entre Niger, Mali et Burkina Faso. Début janvier, après le premier tour de la présidentielle, cent personnes avaient été tuées dans l'attaque de deux villages dans la même région de Tillabéri, un des pires massacres de civils dans ce pays du Sahel régulièrement visé par des groupes jihadistes. L'insécurité sévit dans la "zone des trois frontières" à l'ouest avec des attaques de groupes jihadistes affiliés à l'organisation Etat islamique, mais aussi à l'est frappé par des attaques des jihadistes nigérians de Boko Haram. Quelque 7,4 millions de Nigériens, sur une population de 22 millions majoritairement trop jeune pour voter, étaient appelés à se prononcer au second tour après le premier du 27 décembre. Ce sera la première fois que deux présidents élus se succèdent dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'Etat depuis son indépendance en 1960. La vraie réussite du scrutin résidera dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés. Bazoum avait récolté 39,3% des suffrages au premier tour, Ousmane presque 17%. Mais si le vote dans la capitale est historiquement acquis à l'opposition, celui de la deuxième ville du pays, Zinder, est plus incertain: cette région, important bassin électoral, est le fief des deux candidats.


Reuters/AFP