Notre liberté est-elle notre angoisse ?


En 1943, Jean-Paul Sartre (1905-1980), philosophe français et théoricien de l'existentialisme, publie L'Être et le Néant. Essai d’ontologie phénoménologique. L’ouvrage très dense questionne sur “qu’est-ce que l’être ?” dans une approche phénoménologique. Dans ce questionnement, Sartre s’intéresse notamment aux comportements de l’être, comme ici l’angoisse.


L’angoisse, par définition selon Heidegger, est une attitude qui apparaît lorsque l’homme découvre le néant comme phénomène. Le monde serait alors en suspens dans le néant : “Le néant se donne comme ce par quoi le monde reçoit ses contours de monde” (Être et temps, 1927). Sartre reprend cette pensée à travers l’idée que le néant est défini, néantisé, par l’être : l’être se dédouble en tant qu’être pour questionner l’être, étant lui-même conscient d’être. Le néant devient le socle de l’être en tant que l’être le néantise. De l’être né le néant.


Ce double questionnement, l’homme ne peut l’appliquer au monde : seulement à son rapport à son être. Sartre appelle ce rapport la liberté car “Il n’y a pas de différence entre l’être de l’homme et son “être-libre””. L’angoisse naît alors parce que “mes conduites ne sont que possibles”. Mais ces possibles ne sont-ils pas guidés au moins par nos valeurs ? Pour Sartre, “ma liberté est l’unique fondement des valeurs et donc rien, absolument rien, ne me justifie d’adopter telle ou telle échelle des valeurs” : les valeurs n’existent que grâce à ma liberté et il est en ma possibilité de renverser leur échelle.


Notre angoisse naît donc du néant que crée cette prise de conscience de notre liberté. Ainsi, la seule façon de contourner notre angoisse est de nous créer des déterminismes psychologiques, des “gardes-fous contre l’angoisse”, comme le réveil le matin, les écriteaux, les contrats de travail… bref, des motifs qui déterminent notre conduite et auxquels nous nous efforçons d’obéir.


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