“Nous avons enfin fait l’Histoire”: l’Argentine adopte la légalisation de l’avortement


L'Argentine est devenue ce mercredi l'une des rares nations d'Amérique du sud à autoriser l'avortement, après l'adoption par le Congrès d'une loi, qui a profondément divisé l'opinion publique. Malgré la pandémie, plusieurs milliers d'Argentins s'étaient rassemblés à proximité du Parlement pour exprimer leur soutien ou leur rejet du texte. Jusqu'ici, l'avortement n'était permis en Argentine qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi datant de 1921. Alors que les députés avaient adopté le texte par 131 voix pour, 117 contre et 6 abstentions, le vote du Sénat, réputé plus conservateur, semblait loin d'être acquis dans un pays encore très catholique et profondément divisé sur la question. Le président Alberto Fernandez, au pouvoir depuis fin 2018, avait promis pendant sa campagne de soumettre à nouveau la légalisation de l'IVG aux parlementaires. Le pape argentin François, jusque-là silencieux sur la question, a publié mardi un message sur Twitter. Bien que ne faisant pas référence explicitement au débat, le message a été interprété comme un rejet de la loi. Selon le gouvernement, entre 370.000 et 520.000 avortements clandestins sont pratiqués chaque année dans le pays de 44 millions d'habitants, où 38.000 femmes sont hospitalisées pour complications lors d'avortements clandestins. Avec ce texte, l'Argentine rejoint Cuba, l'Uruguay, le Guyana et la province de Mexico, les seuls à autoriser l'IVG sans conditions en Amérique latine.

AFP

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