Nouveau rapt d'élèves au Nigeria: le président ordonne une opération de sauvetage


Le président nigérian a ordonné mercredi une opération pour sauver au moins 42 personnes, dont 27 élèves, victimes d'un nouvel enlèvement par un groupe armé dans un pensionnat, deux mois après le rapt de 344 adolescents dans une région voisine qui avait provoqué un émoi mondial.


Des hommes armés ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi le collège-lycée gouvernemental de Kagara, pensionnat situé dans l'Etat du Niger. Selon Muhammad Sani Idris, l'un des porte-paroles du gouvernement local, les bandits ont attaqué l'école vers 02H00 et ont, en tout, enlevé 42 personnes. Depuis près de dix ans, le Nord-Ouest et le centre du Nigeria sont le théâtre de violences de la part de groupes criminels qualifiés localement de "bandits", qui multiplient enlèvements contre rançon et vols de bétail. Leurs violences ont fait plus de 8.000 morts depuis 2011 et forcé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile. Outre ces groupes armés, le pays le plus peuplé d'Afrique est confronté à d'immenses défis sécuritaires: le Nord-Est est en proie à une insurrection jihadiste depuis dix ans, qui a provoqué une crise humanitaire majeure. Le centre connaît une augmentation des conflits fonciers entre éleveurs et agriculteurs. Le Sud-Est, riche en pétrole dont les revenus ne profitent pas aux populations locales, est miné par l'insécurité et les enlèvements. En réponse à des critiques grandissantes sur sa gestion des conflits. Le président Buhari a remplacé fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit, en décembre 344 élèves ont été kidnappés dans un pensionnat de la ville de Kankara, dans l'Etat de Katsina, agissant pour le compte du groupe jihadiste Boko Haram, dont le bastion se trouve à des centaines de kilomètres, dans le Nord-Est du Nigeria. Les adolescents de Kankara avaient été libérés après une semaine de captivité, à l'issue de négociations. Aujourd’hui, le président du Sénat Ahmad Lawan a prôné une nouvelle stratégie pour assurer la sécurité des écoles.


Reuters/AFP