Nouvelle génération ou vieille garde? Les Kosovars élisent leurs députés


L'ex-province de Belgrade, qui se bat toujours pour sa pleine reconnaissance sur la scène internationale, connaît son cinquième scrutin anticipé depuis la proclamation d'indépendance en 2008. Le gouvernement qui sortira des urnes sera le troisième depuis le début de la pandémie de coronavirus voici un an. Celle-ci a aggravé les difficultés économiques du territoire pauvre et fait plus de 1.500 morts.


La soif de changement est incarnée pour beaucoup par Vetevendosje (VV). Le mouvement nationaliste de gauche d'Albin Kurti, parti en guerre contre la corruption est particulièrement populaire chez les jeunes et la nombreuse diaspora. Certains sondages créditent le parti réformiste de 50% des suffrages mais la question est de savoir si Albin Kurti réussira à obtenir une majorité de gouvernement. Les chances de VV sont accrues par le ralliement de la présidente par intérim Vjosa Osmani, 38 ans, symbole d'une classe politique nouvelle génération qui a quitté la LDK de centre-droit du Premier ministre sortant Avdullah Hoti. Les sondages relèguent le PDK de l'ex-président Thaçi et d'autres anciens rebelles à une vingtaine de points derrière VV.


Albin Kurti, auquel ses partisans sont entièrement dévoués, est accusé par ses adversaires de visées "dictatoriales" et de représenter une menace pour la relation privilégiée entre le Kosovo et les Etats-Unis. Il a été interdit par les autorités électorales de se présenter personnellement en raison d'une condamnation pour avoir jeté des gaz lacrymogènes à l'Assemblée. Mais cela ne l'empêcherait pas de former un gouvernement en cas de succès.


Quoi qu'il arrive, le nouveau gouvernement devra poursuivre un difficile dialogue avec la Serbie censé normaliser sous l'égide de l'Union européenne les relations avec Belgrade, qui refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne province.


Reuters/ AFP