Nucléaire iranien: volte-face européenne à l'AIEA, place à la diplomatie


Les Européens ont finalement renoncé à leur résolution contre l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour tenter de ramener Téhéran à la table des négociations avec les Etats-Unis, une avancée saluée jeudi par la République islamique. Appuyé par Washington, ce texte de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne (E3) condamnait la décision de Téhéran de suspendre certaines inspections de son programme nucléaire. Selon le ministère, "l'Iran doit maintenant prouver qu'il est sérieux dans sa volonté de relancer pleinement" l'accord nucléaire de 2015, conclu à Vienne entre l'Iran et le groupe 5+1 (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, Allemagne), dans le but initial d'encadrer le programme nucléaire de la République islamique en échange d'un allégement des sanctions internationales. Ceux-ci "n'auraient pas été obtenus si la menace n'avait pas été maintenue jusqu'au bout", assure cette source, soulignant que l'E3 se réserve la possibilité de "demander une réunion extraordinaire des gouverneurs" si les avancées ne se concrétisent pas. De même, Le nouvel hôte de la Maison Blanche, Joe Biden, a promis de revenir dans son giron "si" l'Iran respectait à nouveau le contrat. Moscou, qui avait mis en garde en début de semaine contre "des mesures irresponsables", s'est lui par contre réjoui de cette marche arrière de l'E3. Autre élément ayant pu jouer positivement, le journal iranien ultraconservateur Vatan-é Emrouz a écrit mardi, sans citer de source, que le président Hassan Rohani avait donné l'ordre de suspendre la production d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan (centre). Le gouvernement n'a pas démenti ces informations, tandis l'AIEA n'a pu les confirmer à ce stade. Le sujet est sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d'armes nucléaires, même si la République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe.


AFP/Reuters



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