Pérou: Caral, cité archéologique vieille de 5.000 ans, menacée par des constructions illégales


La cité archéologique péruvienne de Caral, berceau d'une civilisation vieille de 5.000 ans, subit elle aussi les conséquences de la pandémie de coronavirus : désertée par les archéologues pendant le confinement, elle a été envahie par des travailleurs ruraux qui réclament des terres, tandis que la directrice scientifique, Ruth Shady, a reçu des menaces.


La cité sacrée occupe une superficie de 66 hectares, dominée par sept pyramides de pierres, en plein désert, à 182 km au nord de Lima et une vingtaine de km de la côte Pacifique. Des baraques en parpaings ou en paille sont désormais visibles sur le site. Ces occupations illégales ont débuté pendant le confinement décrété au Pérou entre mars et juin 2020 pour tenter de ralentir la propagation de l'épidémie de Covid-19, raconte à l'AFP une équipe d'archéologues sur place.


La civilisation Caral, qui s'est épanouie entre 3000 et 1800 avant J.C., est la plus ancienne d'Amérique. Contemporaine des civilisations mésopotamienne et égyptienne, elle est apparue sur ce plateau aride 45 siècles avant la civilisation inca. Mais cela n'a guère ému les occupants qui ont profité de l'absence des archéologues et de la faible présence policière pendant le confinement pour s'accaparer une dizaine d'hectares du site, édifier des baraques précaires et semer arbres fruitiers et haricots.


La directrice scientifique du site de Caral, l'archéologue Ruth Shady, qui dirige les fouilles depuis 1996, affirme que derrière les occupants se trouvent des trafiquants de terres. Les menaces ont obligé Ruth Shady à vivre à Lima sous protection. La semaine dernière, le gouvernement péruvien l'a décorée de l'Ordre du Mérite pour services rendus à la nation pour son travail à Caral.


Reuters/AFP

8 views