Pérou: le gouvernement veut calmer la colère des salariés agricoles


Le gouvernement péruvien a lancé le 1er janvier 2021 un dialogue avec les représentants des salariés agricoles qui ont manifesté pendant tout le mois de décembre 2020 pour obtenir une hausse de leurs salaires. Fin décembre, des centaines de travailleurs ont bloqué une importante route du nord du Pérou pour appuyer leurs revendications. Après deux jours de barrages et de heurts, la route Panaméricaine a été débloquée et elle reste surveillée par la police. Le conseil des ministres a annoncé sur Twitter qu'une "commission de dialogue" avait commencé ses travaux à Trujillo, chef-lieu de la région de La Libertad, à environ 500 kilomètres au nord de Lima. Les ministres du Travail, du Développement agraire et du Commerce extérieur, ainsi que le gouverneur de La Libertad, ont eu des discussions avec des représentants des salariés et des parlementaires locaux. Après sept heures de discussions, les participants ont décidé d'élaborer dans un délai de 45 jours une modification de la loi agraire adoptée par le Parlement, alors officialisée par sa publication dans le journal officiel. L'ouverture d'un dialogue national avait été proposée par le président Francisco Sagasti pour sortir de l'enchaînement des manifestations et de la répression policière. Il avait implicitement reconnu que la loi agraire approuvée par le Parlement était un échec, car "elle ne satisfait aucune des parties impliquées". Il avait donc annoncé la convocation de discussions "pour débattre de l'avenir du secteur de l'agriculture et de l'élevage et d'autres mesures". Lors de leur opération pour rétablir la circulation sur la route Panaméricaine, des policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes et de tirs de plombs de chasse. En réaction au décès de trois civils, le gouvernement a annoncé une enquête sur les opérations policières et le limogeage du chef de la police de la région de La Libertad. La crise agraire a impacté le début du mandat de Francisco Sagasti, devenu président du Pérou le 17 novembre 2020 à l'issue d'une crise politique au cours de laquelle le pays a eu trois présidents en dix jours.


Reuters/AFP