Personnalité : Qui est Jean-Michel Basquiat ?


L'ascension de Basquiat fut un cas unique dans le monde de l’art des années 80 : du graffeur laissant partout ses sentences énigmatiques signées SAMO (« Same Old Shit »), il devient l’artiste phare du marché de l’art à la fois courtisé et broyé par un système dont il est en marge, animé par la folie des grandeurs et tourmenté. Jean-Michel Basquiat est né à Brooklyn, le 22 décembre 1960, dans une famille aux origines mixtes, portoricaine par sa mère et haïtienne par son père. Après leur séparation et un déménagement, il revient à New York à l’âge de 16 ans. Il découvre la culture underground, se lie avec des graffeurs et arrête ses études. Il devient vite une grande figure de l’East Village. Sa rencontre avec Andy Warhol, icône de la Pop culture, lui offre une plus grande visibilité. A partir de 1981, il connaît une véritable ascension et son style aussi rebel qu’élégant inonde la presse. Face à l’absence des artistes noirs dans les musées, l’ambition de Basquiat se double d’une quête identitaire. Son œuvre, colorée mais angoissée, est animée d’une haine du racisme et d’un intérêt pour les minorités opprimées comme Slave Auction (1982). D’autres thèmes traversent ses travaux : l’obsession du caractère mortel de l’homme, présente à travers des figures squelettiques, l'intérêt pour le paysage urbain à travers des éléments tirés de sa vie dans la rue ou encore la passion de l’anatomie qui entraîne l’artiste à construire et déconstruire des corps sur sa toile. Pour donner à voir ce qui l’anime, Basquiat oscille entre peintures sur toile et supports divers, il mêle écriture, symboles et nouvel art figuratif.

En 1987, bouleversé par la mort d'Andy Warhol, Basquiat sombre. Il est retrouvé mort le 10 août 1988 d’une overdose. À 27 ans, il laisse plus de huit cents tableaux et mille cinq cents dessins. Sa signature, une couronne, est digne de ce roi de l’avant-garde.


Auteur: Miryam Kchibl

Rédacteur en chef: Théo P.

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