Peut-on encore achever la réforme de « l’école unique » en France ?


« L’école unique » est le fruit d’une longue réflexion, initiée sous la IIIe République, pour unifier le système éducatif et donner à chaque enfant la chance de faire valoir ses talents au sein des institutions scolaires. Le ministre Jean Zay ouvrit la brèche vers « l’école unique » dès les instructions de la rentrée 1938. Après la guerre, les réformes Berthoin de 1959 puis Fouchet-Capelle de 1963 allongèrent la scolarité obligatoire et unifièrent progressivement le système éducatif. Ces modifications progressives débouchèrent finalement sur la loi Haby de 1975 mettant en place le « collège unique ».


Si la « démocratisation quantitative » semble achevée, c’est bien la « démocratisation qualitative », c’est-à-dire la capacité à faire réussir tous les élèves sans corrélation avec leur milieu d’origine, qui reste hors de portée. En effet, les enfants issus de milieux modestes sont surreprésentés dans les filières courtes et moins valorisées. Les enfants des milieux défavorisés accumulent les obstacles : un contexte scolaire plus difficile, des parents moins aptes à les aider, des professeurs moins expérimentés,Une carte scolaire discriminante… Pierre Merle ainsi parle de « démocratisation ségrégative ».


La démocratisation pourrait reposer sur l’aboutissement de la réforme initiale de « l’école unique ». En effet, le « plan Zay » de 1938, visant à « égaliser les acquis culturels » , faisait reposer l’unification du système éducatif sur la rénovation des outils pédagogiques et de l’orientation afin d’« ouvrir l’école sur le vie ». Ainsi, les « ateliers dirigés », toutes les semaines, devaient permettre aux enfants de découvrir le travail en usines, la musique, l’artisanat, les musées… La rénovation de l’orientation passait, elle, par la valorisation des métiers manuels et la mise en place d’un accompagnement personnalisé.


Auteur: Thomas Le Blévenec

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