Peut-on toujours se dépasser ?


Au 19e siècle le philosophe Friedrich Nietzsche aborde la notion de surhomme dans un contexte de transition historique où les valeurs morales de la société se détournent peu à peu de la foi religieuse. Pour contourner le désenchantement des valeurs judéo-chrétiennes (nihilisme) Nietzsche affirme que tout être vivant est animé par une volonté de puissance. Elle doit être comprise comme une volonté de vie qui permet à l'homme de s'autodéterminer pour finalement se dépasser. L'incarnation de cette volonté c'est le surhomme qui est alors un idéal et il le résume ainsi : « l'homme est la corde tendue entre la bête et le surhomme ». Le dépassement de soi est une notion cruciale pour l'individu et notamment dans le domaine du sport. Le sport s'organise autour de la victoire, dans ses écrits Nietzsche nous dit que le sport est un moyen pour l'individu, alors en compétition avec d'autres adversaires, de se surpasser. Le sport retranscrit l'importance de la compétition et met en exergue la nécessité de dépasser les autres pour dépasser ses propres compétences. Néanmoins la chercheuse Barbara Townley met en lumière les effets pervers de la course au dépassement de soi, au dépassement des capacités des salariés et la politique des services de management. Selon elle, ce dépassement de soi revient inévitablement à penser l’autonomie du sujet, la dissociation de celui-ci par rapport à autrui et donc une mise à l'écart de notions sociales élémentaires telles que l'empathie, le respect d'autrui etc...S'installe alors une hiérarchie entre ceux qui ont réussi à se dépasser et ceux qui ont échoué, Nietzsche appelle cela « le pathos de la distance ». Pour Barbara Townley cette hiérarchie renvoie à considérer les salariés qui ne se sont pas dépassés comme des « défis techniques, réduits au statut d'êtres calculables et manipulables » par les services de management des entreprises.


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