Pourquoi 55% des Français sont-ils favorables au rétablissement de la peine de mort ?


Un sondage réalisé par Ipsos pour Le Monde révèle que 55 % des Français interrogés sont favorables au rétablissement de la peine de mort en France. Le même sondage est réalisé chaque année à l'occasion de l'anniversaire de l'abolition de la peine capitale. Il s’agit d’un chiffre record en 8 ans.


Le 18 septembre 1981, l'Assemblée Nationale adoptait le projet de loi portant abolition de la peine de mort, projet principalement porté par Robert Badinter, alors Ministre de la Justice sous la présidence de François Mitterrand. Alors que la majorité des Français étaient favorables à l'abolition de cette peine en 1981, la situation semble s’être inversée en 40 ans. Le résultat de ce sondage amène à s'interroger sur le regard porté par les Français sur la justice et les peines à prononcer contre les criminels.


Cette opinion majoritaire peut puiser sa source dans un contexte de radicalisation de la violence, et dans une pratique judiciaire et pénitentiaire sous tension qui doit faire face à des difficultés budgétaires. La combinaison du choc des attentats de 2015, la libération de la parole concernant les violences sexuelles ou les agressions discriminatoires sont autant de raisons qui peuvent expliquer une prise de position plus radicale de la part des Français quant à la sanction de ces infractions.

En vertu du principe de dignité humaine, deux verrous juridiques -entres autres- empêchent toutefois tout rétablissement de cette peine en France. Le premier est l'article 66-1 de la Constitution, norme suprême en droit français. Viennent ensuite les Protocoles additionnels n°6 (1986) et n°13 (2007) à la Convention européenne des droits de l'Homme ratifiés par la France, qui l'engagent sur la scène internationale à ne pas rétablir la peine de mort dans son système répressif. Malgré toutes ces garanties, le débat semble encore brûlant.

Auteur: Papillon Farceur

Rédacteur en chef: Guillaume Placide-Breitenbucher

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