Pourquoi certains membres de la Convention citoyenne pour le climat se sont sentis trahis ?


Dimanche 28 février, les 150 volontaires de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) se sont retrouvés à l’issue de la huitième et ultime session pour évaluer le projet de loi « Climat et résilience », inspiré par leurs mesures. Une note moyenne de 3,3 sur 10 a été attribuée à la question : « Quelle est votre appréciation de la prise en compte par le gouvernement des propositions de la Convention citoyenne » ?


L’objectif de la CCC est de diminuer d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, dans une démarche de justice sociale. « Ce qui sortira de cette Convention, je m’y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du Parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe », a annoncé Emmanuel Macron en avril 2019.


75 mesures sont déjà mises en œuvre et 71 autres sont en voie de l’être, selon la plate-forme de suivi de la convention mise à jour par l’exécutif. Certaines propositions ont dû être réécrites pour répondre aux questions législatives ou être inscrites dans le plan de relance ou le budget.


Plusieurs membres de la CCC ont pointé le manque d’ambition du projet de loi climat. « On a bien compris qu'ils ont envie de faire leur boulot sans qu'on marche sur leurs plates-bandes », constate Sylvain Burquier. « Tous les amendements pour renforcer le texte sont refusés », dénonce Mélanie Cosnier. Benoit Baubry, quant à lui, déplore la rebaptisation du crime d’écocide en délit.


Ce dernier reproche également au président de la République « le non-respect de la parole donnée, notamment sur le sans-filtre ». Et ce, alors qu’il s’est autorisé trois « jokers » : l'instauration d'une taxe de 4 % sur les dividendes, la réécriture du préambule de la Constitution qui voudrait placer l'environnement au sommet des valeurs républicaines et la limitation de vitesse sur l'autoroute à 110 km/h.


Auteur: Walid M.

Rédacteur en chef: Guillaume M.


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