Pourquoi des centaines de migrants ont-ils occupé la place de la République à Paris ?


Le 23 novembre 2020, entre 400 et 450 exilés occupent la place de la République à Paris. Les forces de l’ordre interviennent, et les chassent brutalement. Pendant une longue partie de la nuit, la police suit les exilés et ceux qui les accompagnent, à l’aide de gaz lacrymogène, pour les faire sortir de Paris. Pour certains médias orientés plus à droite tels que Le Figaro, cette action serait le fruit d’une instrumentalisation des exilés dans le seul but d’obtenir des images choquantes, dans un contexte de lutte contre la loi sécurité globale. Entre “manœuvre politique de l’extrême gauche”(Le Figaro) et simple “visibilisation” d’un problème récurrent de logement pour les demandeurs d’asile, qu’est-ce qui a motivé cette occupation déclarée illicite de l’espace public ? Le 17 novembre est organisée l’évacuation du camp d’Aubervilliers, où vivaient entre 2000 et 3000 personnes. Cette évacuation, 65ème de la sorte en région parisienne depuis 2015, a été demandée par Karine Franclet, nouvelle maire (UDI) d’Aubervilliers, au préfet Didier Lallement, pour des raisons sanitaires. Le jour même, 2113 personnes sont mises à l’abri dans des gymnases d’Ile-de-France. Est ensuite diffusé un communiqué de la préfecture qui clame avoir mis à l’abri l’ensemble du camp. Pourtant, selon Utopia 56, il reste entre 700 et 1000 demandeurs d’asile à qui aucune solution d’hébergement n’a été proposée. Ceux-ci, à la fin de l’évacuation du camp d’Aubervilliers, ont été pourchassés par la police et gazés. Utopia 56 parle de harcèlement policier et déclare avoir posé une trentaine de signalements à l’IGPN ainsi qu’une plainte contre la préfecture et une contre le ministère de l’Intérieur. C’est suite à ces événements qu’est décidée l’action sur la place de la République. Les associations d’aide aux exilés demandent alors 1000 places d’hébergement immédiates et la mise en place d’un système d’accueil pérenne. En réponse à l’évacuation violente, ils disent vouloir donner de la visibilité à leur cause qui, sans l’intérêt des médias, laisse le champ libre à des dérives policières.



Quelle est votre opinion ? Auteur: Eloïse Chenal Rédacteur en chef: Lilian R.


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