Pourquoi Israël et le Liban décident-ils d'ouvrir un dialogue sur les frontières maritimes ?


Le 14 puis le 28 octobre 2020, Israël et le Liban se sont entretenus afin de définir les frontières maritimes des deux pays. Tenues dans la ville de Naqoura, au quartier général de la mission des Nations Unies au Liban (FINUL), ces discussions ont pour but de régler le contentieux sur les zones économiques exclusives (ZEE) en mer Méditerranée. La mer Méditerranée est le théâtre d’enjeux énergétiques sensibles. En effet, ses fonds marins regorgent d’hydrocarbures et, de fait, de nombreux pays souhaitent s'accaparer ces zones de forage. Qu’est-ce qui motive les deux Etats, aux relations tendues, à amorcer un tel dialogue? D’un côté, le Liban traverse une de ses pires crises économiques et se trouve socialement vulnérable aux tentatives de déstabilisation. De l’autre, Israël fait face à une grave crise sanitaire, enlisant le pays dans un deuxième confinement, tandis que du côté politique, le Premier ministre Benyamin Netanyahou doit répondre à des accusations de corruption. Il est toutefois important de remettre ce dialogue dans son contexte géopolitique. Les Etats-Unis, qui arbitrent ces négociations, ont tout intérêt à ce que les tensions régionales s'apaisent. Les récentes victoires politiques, comme la reconnaissance d'Israël par les Emirats Arabes Unis et par le Bahreïn, sont une des manières de regagner leur image de pacificateur, capable de résoudre les tensions les plus complexes et ainsi de sortir de coûteux et longs conflits.


De nombreux Etats participant, officiellement ou officieusement, à ces discussions ont des arguments à faire valoir, mais, les négociations n'en sont encore qu'à leurs débuts et l’animosité libano-israélienne (il n’existe pas d’accord de paix entre les deux pays) rendra le processus très fastidieux. Les intérêts en jeu aideront à apaiser le dialogue mais seront-ils suffisants ?



Auteur: Maxime Sierro

Rédacteur en chef: Paul Giudicelli