Pourquoi l’école nationale d’administration fait tant polémique au sein du débat public français ?


L’École nationale d’administration (ENA) fut créée à la suite de la seconde guerre mondiale en 1945 afin d’homogénéiser les concours de la haute fonction publique. Située aujourd’hui à Strasbourg, il y a quatre voies pour l’intégrer : deux concours pour les étudiants, un concours pour les fonctionnaires et un dernier pour les salariés du secteur privé, élus locaux et responsables associatifs.

Toutefois, lorsque l’ENA est placée au centre du débat public, deux réactions se distinguent. La première consiste à vanter son prestige, la seconde à critiquer son manque d’ouverture et de diversité, son conformisme voire l’entre-soi qui y règne. En somme, l’école se serait trop éloignée du service public et donc de l’intérêt général.

Ces critiques sont-elles justifiées ? Sur la quatre-vingtaine d’élèves admis chaque année seulement 5% en moyenne poursuivront une carrière politique. Même si un président sur deux est issu de cette institution, leur cas ne fait pas loi. L’ENA dirigerait-elle les anciens élèves vers le secteur privé ? En réalité ce n’est le cas que pour 8% d’entre eux. Pour finir, la part des femmes au sein des promotions atteignait en 2015 une moyenne de 45%, un score encourageant selon certains observateurs.

Mais qu’en est-il de la diversité sociale ? On observe une constante : une majorité des élèves est issue de Sciences Po Paris. De surcroît, la proportion d'enfants de cadres ou d’énarques est toujours très élevée.

Aujourd’hui, malgré la demande retenue par le gouvernement lors du grand débat national, le Président de la République semble réticent à supprimer l’ENA. En effet, pour répondre aux problématiques énoncées plus haut, il est davantage question de la réformer et la rendre plus accessible.

Auteur: Quentin Vigier

Rédactrice en chef: Agathe Forster

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