Pourquoi l’agence Frontex est-elle au cœur des débats relatifs au Pacte européen sur la migration?


Le mercredi 23 septembre 2020, la Commission européenne a présenté le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile. Alors que les négociations se poursuivent au sein du Conseil européen et du Parlement européen (PE) en vue de son adoption définitive, le fonctionnement de l'agence Frontex, chargée de surveiller les frontières de l’Union européenne et accusée de complicité de violation des droits humains, est au cœur des débats.


Dans les conclusions de son enquête relative au fonctionnement de Frontex rendues publiques le jeudi 15 juillet 2021, la Commission des libertés civiles du PE accuse notamment l’agence “de s’être rendue complice de refoulements de demandeurs d’asile en mer Égée, une pratique illégale exercée par les gardes-côtes grecs”. Le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, aurait ordonné la destruction des documents attestant de la complicité de l’agence et revendique ainsi l’absence de preuves officielles étayant ces accusations. Cependant, de nombreux rapports d’ONG telles Amnesty international ont déjà dénoncé la passivité de l’agence témoin d’actes violents de gardes-côtes nationaux.


Visée par plusieurs enquêtes, Frontex a également vu son action qualifiée d’ “inefficace” par la Cour des comptes européenne dans son rapport du lundi 7 juin 2021. Selon la Cour, l’agence “analyse rarement ses performances ou l’impact réel de ses activités dans ses rapports”. Ces accusations sont dévoilées alors même que le nouveau Pacte sur la migration et l’asile prévoit de mettre à disposition de Frontex jusqu’à 10 000 agents opérationnels (contre 750 agents en 2019) et de doubler son budget.


Les institutions européennes semblent ainsi prendre en compte les dysfonctionnements de Frontex en prévision de l’élaboration du Pacte mais elles pourraient bien se heurter à l’opposition des Etats confrontés à la pression migratoire.


Auteur: Agnès M.

Rédacteur en chef: Marie-Caroline Reynier