Pourquoi l'Argentine frôle-t-elle aujourd’hui le défaut de paiement pour la neuvième fois ?


L'Argentine s'est déclarée en faillite en 2001 avec un défaut de paiement sur sa dette de 100 milliards de dollars. En mai 2020, le gouvernement argentin était de nouveau en défaut partiel, évité de justesse en septembre 2020 par une restructuration sur ses 66 milliards de dettes. L’accès aux financements étrangers lui étant désormais bloqué, le pays finance avec sa seule banque centrale le coût social et sanitaire de la pandémie de COVID-19. Cette situation a en réalité démarré lors de la Grande Dépression de 1929. Alors puissance exportatrice, l’Argentine vit ses exportations baisser de 40%. Elle s’enferma alors dans des mesures protectionnistes et dans une idéologie nationaliste en particulier incarnée par Juan Peron, alors que les Etats-Unis et l’Europe optèrent pour le New Deal et virent leurs échanges exploser. Perte de productivité, dévaluations monétaires, découragements aux exportations et hausse des dépenses publiques en résultèrent. L’économie devint ainsi instable et corrompue, en quête perpétuelle de financement.


L’Argentine est enlisée dans des négociations avec le FMI depuis 1958. Pas moins de 22 accords ont été signés pour donner confiance aux capitaux étrangers afin d'investir dans le secteur privé argentin, et ainsi pouvoir financer ses importations. Mais le rejet des mesures d’austérité par la population ont encore une fois empêché le pays de tenir ses engagements. La dévalorisation du Peso est aujourd’hui de 2000% sur 8 ans, et l'inflation autour de 50% par an. L’Argentine a passé 33% de son temps en récession depuis 1950. Si le FMI et les gouvernements peu transparents ont une responsabilité, l’Argentine est ancrée dans un modèle bénéficiant à une élite, ne produisant pas assez pour assurer les dépenses sociales conséquentes du pays, et condamnée à ne jamais rembourser ses dettes, au dépend de ses citoyens.

Auteur: Cami Rédacteur en chef: Colleen L