Pourquoi l’expansionnisme chinois dans le Pacifique provoque-t-il une division des îles Salomon ?


Les îles Salomon se veulent fidèles à une maxime: “Amis de tous et ennemis de personne” en politique étrangère. Mais en septembre 2019, la Chine a mis fin à 36 ans de relations diplomatiques entre l’archipel et Taiwan. La décision du gouvernement central des îles Salomon du Premier ministre Manasseh Sogavare d’un transfert de reconnaissance diplomatique et économique de la part de l’archipel de Taipei à Pékin, a divisé les provinces les composant.

Face à l’influence croissante de la Chine, Malaita, la plus peuplée des neufs provinces qui forment l’archipel, envisage de faire sécession. Le chef du gouvernement local, Daniel Suidani, opposé à tout rapprochement avec la Chine, a annoncé la tenue d’un référendum sur l’indépendance de sa province. La Chine, dès Septembre 2019, montrait son influence en concluant un accord stratégique avec Tulagi afin d’établir “une zone économique spéciale”.


C’est par une politique de dons et d’aide au développement que la République Populaire de Chine (RPC) a, depuis le débuts des années 2000, considérablement accru son influence dans le Pacifique Sud, une zone riche en ressources naturelles.


Ainsi cette situation a déclenché des divergences entre le gouvernement national et Malaita. Entre 2003 et 2007, la capitale australienne, Canberra, avait dirigé la mission de maintien de la paix Ramsi, mise en place pour stabiliser l’archipel à la suite de cinq années de violences interethniques dans lesquelles les Malaitans avaient joué un rôle majeur.


A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, c’est sur Malaita qu’était né le mouvement indépendantiste contre le protectorat britannique. Les sécessionnistes ont déjà lancé un boycottage des commerces tenus par des Chinois sur la province, alors même que l’influence chinoise n’est pas nouvelle, avec le lancement d’une route de la soie maritime dans la région dès 2015.



Auteur: Charlotte Thiede

Rédacteur en chef: Laura König

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