Pourquoi l'Irlande du Nord se retrouve-t-elle secouée par de violentes émeutes ?


Depuis maintenant plusieurs semaines, les violences éclatent dans les provinces de Belfast, Carrickfergus et de Derry-Londonderry, en Irlande du Nord, opposant les républicains catholiques aux protestants loyalistes. La stabilité de l’Irlande serait-elle à nouveau menacée ?


En 1998, « l’accord du Vendredi Saint » fut instauré dans le but de mettre fin aux violences entre catholiques et protestants, les premiers favorables au rattachement de la province à la République d’Irlande autonome, et les seconds, pour le maintien de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. D’anciennes tensions qui ont mené aux violences de la période du Trouble en 1960 et ravivées aujourd’hui par le Brexit.


En effet, les unionistes se sentent trahis par l’accord du Brexit et dénoncent un non-respect des promesses initialement votées par Londres et Bruxelles au sein du Protocole nord-irlandais. Ce dernier prévoyait de séparer l’Irlande du Nord du Royaume-Uni, offrant à celle-ci l’opportunité de maintenir sa position au sein du marché européen, tout en conservant son statut de province britannique. Mais l’instauration d’une frontière maritime en mer d’Irlande, exige le respect des normes européennes par les marchandises entrant en mer d’Irlande. Une situation qui engendre des démarches administratives complexes et des difficultés d’approvisionnement en marchandise.


Cette crispation identitaire qui existe depuis des années semble perdurer. A ce jour, les émeutes ont été condamnées par les partis politiques des deux communautés mais également par Boris Johnson et ses homologues irlandais Michael D. Higgins, président de la République d’Irlande et Arlene Foster, Première Ministre nord-irlandaise. A ce jour, un semblant de calme semble revenir : la mort du Prince Philip apaise légèrement les tensions et les manifestations prévues ont été reportées. Espérons maintenant que l’histoire ne se répète pas et que la trêve perdure.



Auteur: Marine P

Rédacteur en chef: Louise Chappe