Pourquoi l’opération européenne Atalante n’a pas mis un terme à la piraterie dans le monde ?


Après 12 ans d’activité, l’opération Atalante initiée par l’Union Européenne prend fin le 31 décembre 2020. L’objectif de cette campagne était de mettre un terme à la piraterie dans la Corne de l’Afrique, au large de la Somalie, où le nombre d’attaques de pirates avait augmenté jusqu’à 445 en 2010, d’après le Bureau Maritime International (BMI). Si l’UE intervient pour garantir les droits humains, elle protège surtout une zone stratégique : le détroit d’Aden, qui voit passer 95% du commerce maritime de l’UE, dont 30% d’approvisionnement en pétrole.


L’opération est un succès puisqu’aucune attaque n’a été rapportée dans la région depuis trois ans. Le BMI avertit cependant que les océans ne sont pas à l’abri d’une résurgence. Les causes des violences n’ont pas disparu. L’instabilité politique et économique en Somalie, la pauvreté et la difficulté du pays à protéger ses côtes sont des facteurs alimentant la piraterie.


De plus, si le nombre d’attaques recensées mondialement a baissé (162 attaques en 2019 d’après le BMI), le problème s’est déplacé. Il se focalise sur deux pôles : l’Asie du Sud-Est, particulièrement aux Philippines, et le Golfe de Guinée concentrant 90% des enlèvements d’équipages dans le monde. Si les pirates visaient auparavant les navires de commerce ou les pétroliers pour s’emparer de leur marchandise, rançonner des pêcheurs s’avère bien plus lucratif. Une prise peut ainsi rapporter plusieurs millions de dollars.


Le BMI craint que la pandémie mondiale entraîne une hausse de la piraterie en 2020, les gouvernements détournant leur attention et leur budget des mers. De janvier à mars, le BMI a constaté une hausse de 25% des attaques par rapport à la même période en 2019. Au 21 décembre 2020, 184 attaques pirates ont été recensées pour l’année. Si l’opération Atalante a donc mis un terme à la piraterie somalienne, cette dernière reste bien active à l’échelle mondiale.



Auteur: Marilou R.

Rédacteur en chef: Cyriaque G.