Pourquoi l’Union européenne souhaite-t-elle encadrer le domaine de l’intelligence artificielle ?


Le 21 avril 2021, la Commission européenne a présenté son projet de réglementation de l’intelligence artificielle, visant à encadrer les risques liés aux usages de cette technologie. Internet a profondément modifié nos manières de communiquer et de travailler, mais les sociétés contemporaines plongent progressivement vers ce que certains appellent la “quatrième révolution numérique industrielle”, appelée aussi l’Internet des objets, risquant ainsi de transformer nos modes de travail. L’UE connaît un retard dans le domaine : elle n’a attiré que 8% d’investissements privés tandis que les Etats-Unis en ont reçu 46 %, et la Chine, 38 %. Ainsi, le but est de saisir cette opportunité en proposant une stratégie plus éthique, à l’image des règles établies sur la protection des données personnelles. L’UE ne veut pas interdire la technologie mais y poser un cadre juridique avec un raisonnement pyramidal dont le socle représentera les risques nuls liés à l’IA, et l’étage au-dessus les menaces faibles pour lesquelles la réglementation devra garantir la transparence pour les utilisateurs. Le dernier niveau concerne les activités dont les risques sont prononcés : elles devront être encadrées à l’aide de dispositifs de supervision. Toutefois, des usages devront être interdits tels que les systèmes d’identification biométrique à distance, pouvant seulement servir à l’appareil policier, lors d’attentats par exemple. Portant atteinte aux valeurs de l’UE, à savoir les libertés fondamentales et individuelles, des recours seront bannis, à l’image des systèmes de notation des citoyens, existant déjà en Chine. Cette réglementation novatrice pourrait permettre à l’Europe de devenir “le pôle mondial d’une IA digne de confiance”, mais cela ne risque-t-il pas d’être un frein à l’innovation dans cette industrie naissante, comme l’a remarqué le Center for Data Innovation ?



Auteur: Camille R-A

Rédacteur en chef: Joseph D.