Pourquoi l’utilisation du lanceur de balles de défense par les forces de l’ordre est-elle critiquée?


Les manifestations des Gilets jaunes ont illustré l’usage massif des « armes non létales » par les forces de l’ordre (71 Gilets jaunes ont été blessés par des tirs de LBD), conduisant le Conseil de l’Europe, en février 2019, à appeler la France à suspendre l’usage des LBD afin de « respecter les droits humains ». Plusieurs critiques faites aux forces de l’ordre pour leur usage du LBD ont conduit le Défenseur des droits a demandé son retrait des équipements policiers en décembre 2017.


À courte distance, et selon les zones du corps visées (les tirs sont imprécis, les manifestants n’étant pas immobiles), le LBD peut occasionner des blessures graves, notamment oculaires, ou des hémorragies cérébrales, voire tuer - or cette arme reste considérée comme étant non létale. La Commission de déontologie de la sécurité pointait déjà en 2009 l’imprécision des tirs de LBD, qui renforce le risque de blessures. En France, le LBD a tué une personne et éborgné vingt-trois autres entre 2004 et 2019. Le neurochirurgien L. Thines parle de « véritables blessures de guerre ».


Dans « Gazer, mutiler, soumettre », Paul Rocher explique que le caractère non létal du LBD conduit les forces de l’ordre, qui sous-estiment son danger, à l’utiliser de manière disproportionnée et sans respecter les règles d’engagement. Jean-Verney Carron, l’inventeur du flash-ball, expliquait que le calibre 40 mm du LBD-40 est un « calibre de guerre » et l’entreprise suisse Brugger & Thomet exporte les LBD-40 en France sous l’appellation de « matériel de guerre ».


Le LBD s’apparente donc à une arme de guerre, source de blessures graves voire mortelles, et fait l’objet d’un usage excessif par les forces de l’ordre, conduisant les associations de défense des droits humains à demander la fin de son utilisation. Quelle est votre opinion ?


Auteur: Baptiste Sonzogni

Rédacteur en chef: Robin Vignello


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