Pourquoi la Chine réfute-t-elle les accusations sur son traitement des Ouïghours ?


Le 22 mars 2021, l’Union Européenne adoptait face à la Chine des sanctions ciblées pour cause de violations des droits humains envers la minorité musulmane Ouïghour du territoire du Xinjiang. Mesures prises avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, elles ciblent 4 responsables chinois dont Chen Mingguo, décrit comme l’auteur de détentions arbitraires envers la minorité religieuse. En réponse, le gouvernement chinois a expliqué le 26 mars que ces sanctions ont “gravement porté atteinte à la souveraineté et aux intérêts chinois et (...) répandu des mensonges et de la désinformation”, réfutant ainsi les accusations de l’Union. Pékin a donc sanctionné 10 personnalités européennes dont le député Raphaël Glucksmann et le chercheur allemand Adrian Zenz. Pourtant prouvées dans le rapport du chercheur publié le 14 décembre 2020 sur le programme de “travail forcé” dans les champs de coton sur environ 570 000 Ouïghours, les violences commises à leur encontre restent niées par le pays. Le gouvernement évoque plutôt des “camps de formation” dans la région du Xinjiang afin de réguler les volontés indépendantistes de la population à travers des programmes d’assimilation à la culture chinoise. Si la Chine accuse l’UE de diffamation, c’est en prenant comme argument sa lutte contre "l'islamisme extrémiste" auquel le pays fait face depuis l'attentat 2013 à Pékin, attribué à des islamistes Ouïghours selon les autorités chinoises. Depuis, la politique de sécurisation intense du Xinjiang sert d’exemple de la lutte contre le terrorisme en Chine. Ainsi, le gouvernement chinois déclarait que l’Union Européenne devait “cesser de faire fausse route” même si Adrian Zenz affirmait dans son rapport qu’”il est impossible de définir où s’arrête la coercition et où peut commencer le consentement”, illustrant bien la confrontation des deux discours. Quelle est votre opinion? ➖ Auteur: Lena Loyaté

Rédacteur en chef: Joseph D.