Pourquoi la décision de Pékin de réarmer ses garde-côtes est une menace en Indopacifique ?


Née du regroupement de quatre agences de surveillance maritime en 2013, la garde-côtière chinoise devait assurer la stratégie de puissance maritime de la Chine. En 2018, elle a été réorganisée pour passer sous la tutelle de la Police armée du peuple. Depuis ce jour, elle s’est graduellement vue attribuer des équipements et une capacité militaire au point de devenir une véritable menace pour le Japon, le Vietnam et les Philippines. Jusqu’à présent, elle ne disposait pas de tous les moyens pour recourir à la force et défendre les eaux revendiquées par la Chine.


Dans un processus de militarisation continu en Indopacifique, Pékin a adopté le 22 janvier 2021 une loi autorisant le réarmement de ses garde-côtes. Entrée en vigueur le 1er février 2021, son chapitre six prévoit l’usage de la force sous plusieurs formes. Les garde-côtes peuvent avoir recours aux « armes lourdes » ou aux « armes de poing » en cas « d’incidents de violence graves » lors d’une présence étrangère dans les eaux sous juridiction chinoise. Avec plus de 130 grands patrouilleurs et des navires hautement armés, les garde-côtes chinois sont « la plus grande force de garde-côtes au monde » selon le rapport de 2020 du Pentagone.


Cette loi a suscité de nombreuses réactions et une vive inquiétude au Japon, au Vietnam et aux Philippines. Les îles Spratleys sont entourées des bâtiments chinois et font l’objet d’une militarisation dénoncée par les Etats-Unis. Selon la spécialiste de la sécurité maritime à l’Irsem Marianne Péron-Doise, la loi va « davantage brouiller la frontière entre les […] chargés de mission de police en mer, et les […] bâtiments de guerre ». Autour des îles Senkaku, Tokyo s’inquiète de la multiplication de zones grises où des tensions « ne relèvent ni du temps de guerre, ni du temps de paix ». De ce fait, le Japon a autorisé ses garde-côtes à tirer sur les bateaux étrangers qui accosteraient illégalement sur ces îles.


Auteur: Célia C.

Rédacteur en chef: William Ft