Pourquoi la défiance envers les journalistes en France est-elle le signe d'une démocratie malade ?


Si les médias, et en particulier la presse écrite, ont joué un grand rôle dans la démocratisation de la France en impliquant les citoyens dans la vie politique, ils contribuent aussi à fabriquer l’opinion publique par leurs choix éditoriaux. Ainsi, plus d’un Français sur deux estime que les choses ne se sont pas passées comme la télévision ou les journaux le racontent. Avec internet l’information est devenue quasiment instantanée. Nous sommes entrés dans l’ère post-média, où chacun peut produire de l’information sans intermédiaire. Une course à la fast-information et au sensationnel, caractérisée par l’apparition des chaînes d’information en continu, est apparue en conséquence. La vie politique s’est éloignée des citoyens car l’émotion et la réaction ont progressivement pris le pas sur l’information et l’argumentation factuelle. En outre, la détention des grands médias par un petit nombre de grandes fortunes françaises comme Vincent Bolloré (groupe Canal) ou Bernard Arnault (le Parisien, les Échos) les détourne de leur fonction démocratique. Leur indépendance est de fait remise en cause par les intérêts de leur propriétaire. Ainsi, lors de la Marche des Libertés du 12 juin, BFMTV et LCI ne donnaient la parole qu’à des personnalités n’étant pas à la marche quand CNEWS n’en parlait même pas. En réponse au pouvoir exercé par les grands médias sur la démocratie, des journalistes développent une offre alternative indépendante spécialisée dans l’information sur le long cours comme “Les Jours” ou bien sur les thématiques environnementales comme “Reporterre”. Dès lors, pour que l’information crée de nouveau de la participation politique, il convient d’une part de repenser le rôle des journalistes et leur objectivité toujours relative. D’autre part, il ne tient qu’à nous de nous informer à différents endroits en ne nous contentant pas de lire les titres. Auteur: Corentin desage Rédacteur en chef: Margot Cocquet

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