Pourquoi la France entretient-elle une relation conflictuelle avec les migrants ?


Le 17 novembre 2020, les forces de l’ordre "évacuent" un camp de migrants situé au pied du Stade De France. Le 23 novembre 2020, la Direction de la Sécurité de Proximité de l'Agglomération Parisienne (DSPAP) “évacue” une nouvelle fois la place de la République. Des images décrites comme “choquantes” dans un tweet du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin mettent en exergue la question du statut des migrants au sein de la société française.


Historiquement, la notion de “sans-papiers” se généralise dans les années 1970s suite aux mobilisations contre les deux circulaires "Marcellin-Fontanet” signées par le ministre de l’Intérieur R. Marcellin et le ministre du Travail J. Fontanet en 1972. En effet, ces circulaires (assouplies suite aux contestations) disposaient des conditions d’accès restreintes au territoire imposant l’obligation d’être salarié.


Par la suite, les lois du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua tendant vers une "immigration zéro” (retrait de la sécurité sociale…) résultent en l’occupation de l’église Saint-Bernard du XVIIIème arrondissement de Paris par des travailleurs.es en situation irrégulière durant l’été 1996. Ce “mouvement des sans-papiers” fût une nouvelle fois “évacué” par les forces de l’ordre.


Ainsi, le processus de catégorisation sociale développé par Henri Tajfel et Michael Hogg comme “un outil de simplification cognitive qui permet de classifier les individus en fonction de leurs caractéristiques ou attributs directement observables ou non” peut être objectivé par l'analyse de la vision structurelle des français face aux migrants. En effet, selon un sondage de l’Institut Français d'Opinion Publique (IFOP) en date du 4 décembre 2018, 60% des français considèrent que l’accueil des étrangers n’est plus acceptable du fait des différences de valeurs et des problèmes de cohabitation.


Ce sondage corrélé à l'ensemble des informations précédentes met en avant une vision homogénéisée des migrants. Ainsi, est-ce que l’idiosyncrasie pourrait nous permettre de considérer les sans-papiers en tant qu’individus au lieu d'un groupe homogène ?


Qu’en pensez vous ? Votre avis nous intéresse. Auteur: Lounis E.


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