Pourquoi la géo-ingénierie utilisée par la Chine agit-elle dans le conflit sino-indien ?


Alors que la frontière située dans la région du Bhoutan demeure depuis plusieurs décennies une source de conflit entre la Chine et l’Inde, la technologie de modification météorologique déployée par les autorités chinoises constitue une nouvelle source de tension.

En effet, un communiqué chinois a annoncé le 2 décembre 2020 que les programmes pouvant influer sur la météo mis en place il y a quelques années vont être multipliés par cinq afin de couvrir plus de la moitié du pays, soit 5,5 millions de kilomètres carrés . Cette technologie est un projet jugé très bénéfique car il permettra à l’avenir de préserver les régions agricoles des chutes de grêle, de lutter plus efficacement contre les grands feux de forêt ou encore de parer les périodes de sécheresse. Le gouvernement a déjà investi plus de 230 millions d’euros dans ce projet car « la Chine est l’un des pays les plus touchés par les catastrophes naturelles et 70 % d’entre elles sont d'ordre météorologiques », explique l'Académie chinoise des sciences météorologiques.

Cependant, un tel changement de phénomènes naturels a des conséquences pour l’environnement et pour les peuples alentour. C’est notamment ce que lui reproche l’Inde, car en modifiant son climat initial, la Chine peut ainsi contrôler les chutes de neiges, les précipitations et faciliter sa position dans la zone montagneuse. De plus, dans le conflit géographique opposant les deux pays au sommet de l’Himalaya, les conditions de vie déjà très difficiles risquent d’être perturbées avec la modification météorologique et il paraît impossible de prévoir ni les effets sur le matériels, ni les conséquences humaines de celle-ci.

La décision d’étendre la technologie de modification météorologique est donc fortement contestée par le gouvernement indien, dont le premier ministre a assuré qu’il ne fait « aucun doute que l’Inde veut la paix mais si elle est provoquée, l’Inde apportera la réponse adéquate. »

Auteur: Isis D. Rédacteur en chef: Colleen