Pourquoi la gauche risque de ne pas être présente au second tour des présidentielles de 2022 ?


Un sondage Ipsos-Sopra Steria publié le 3 mars 2021 dans l’Obs fait état des intentions de vote pour les potentiels candidats de gauche à l’élection présidentielle de 2022. Des perspectives guère réjouissantes pour la gauche qui voit ses chances d’atteindre le second tour se rétrécir, cela notamment en raison de divisions en son sein. Selon ce sondage, la gauche pourrait s’imposer dans les élections par une union du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts, respectivement représentés par Anne Hidalgo et Yannick Jadot. Cette union de la gauche serait alors créditée entre 16 et 17% des voix, contre moins de 10% pour chacun des candidats de gauche que ce soit Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Yannick Jadot ou Anne Hidalgo. Cependant cela reste insuffisant pour être au second tour, les candidats privilégiés étant Marine le Pen comptabilisant 25% des intentions de vote et Emmanuel Macron 24%. Cette fracture est d’autant plus présente entre les partis et les électeurs, la gauche ne remplissant plus son rôle de défense des classes populaires. Celles-ci, davantage convaincues par le RN, ont voté à hauteur de 27,5% pour le parti d’extrême droite contre 27,3% pour la gauche, tous partis confondus, lors des élections de 2017. Le fossé se creuse aussi sur des questions idéologiques comme la laïcité, notamment avec une division entre les partisans d’une laïcité rigoureuse ou d’une laïcité plus permissive jugée moins raciste envers les musulmans. Ces discordes existent aussi sur des questions propres à l’économie, l’écologie ou l’Union Européenne. Cependant cette division de la gauche n’est pas seulement le fait d’une fracture idéologique mais aussi un effet de la reconfiguration du jeu politique. Les élections de 2017, par l’intrusion d’Emmanuel Macron, ont sonné la fin du clivage droite/gauche et le déclin des partis traditionnels.

Auteur: Emilie P

Rédacteur en chef: Hayat Bourkia


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