Pourquoi la justice britannique refuse-t-elle l’extradition de Julian Assange aux Etats-Unis ?


Le coup de marteau est donné. Lundi 4 janvier 2021, la justice britannique refuse finalement l’extradition vers les Etats-Unis du lanceur d’alerte Julian Assange, fondateur de Wikileaks. Une décision qui ne réjouit pas les Etats-Unis, privés de juger à ce jour l’activiste australien pour espionnage et conspiration. Dans la foulée, le Mexique, défenseur d’une longue tradition d'accueil de réfugiés politiques, tend la main au fondateur de Wikileaks, et lui offre l’asile politique.


Julian Assange est le cyber-activiste fondateur de l’ONG Wikileaks. Cette ONG est motivée par la volonté de réduire l’asymétrie d’information existante entre le gouvernement et ses citoyens par la publication de documents confidentiels à l’échelle planétaire. Entre 2010 et 2012, Wikileaks divulgue des centaines de documents gouvernementaux classifiés, liés aux activités militaires et diplomatiques américaines notamment en Irak et en Afghanistan.


Accusé ensuite d’agression sexuelle en Suède, Julian Assange est arrêté en 2010 par les autorités britanniques. Libéré sous caution en 2012, il se réfugie entre les murs de l’ambassade équatorienne de Londres où il passera 2 087 jours. En avril 2019, alors que Wikileaks révèle au grand jour des informations confidentielles allant à l’encontre de la vie privée du président équatorien, Lenin Moreno, accusé de corruption, l’ambassade l’expulse et Julian Assange est de nouveau arrêté puis incarcéré à la prison de Belmarsh, au sud-est de Londres.


Pourtant loin de défendre le lanceur d’alerte, la juge britannique Vanessa Baraitser estime le 4 janvier 2021 que l’état psychologique de Julian Assange n’est pas compatible avec un processus d'extradition vers les Etats-Unis. Un soulagement et une victoire pour ce dernier qui encourait une peine de prison allant jusqu’à 175 ans aux Etats-Unis. Le motif sanitaire prend le dessus sur les problématiques d'extradition de Julian Assange, qui va à l’encontre de la liberté d’expression. Une affaire complexe qui risque d’occuper la justice pendant encore quelque temps...


Auteur: Marine P

Rédacteur en chef: Louise Chappe