Pourquoi la loi visant à interdire d'exposer les forces de l'ordre divise-t-elle l'opinion?


Alors que les bavures policières ne cessent d’animer le débat public, une proposition de loi de « sécurité globale », à l’initiative des députés Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, est présentée pour analyse à l’Assemblée nationale du 17 au 20 novembre.

Une telle loi présenterait, selon nombre de journalistes, d’associations et d’avocats, une atteinte certaine au droit à l’information ainsi qu’au respect de la vie privée dès lors qu’elle interdirait la diffusion d’images des forces de l’ordre, sous peine d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Cette loi est présentée comme devant protéger les agents des forces de l’ordre qui risqueraient d’être exposés sur les réseaux sociaux par des images ayant pour but de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychique. Elle reste cependant relativement vague. En effet, la complexité de cette proposition de loi réside dans le terme « psychique » mentionné à l’article 24. En droit français, aucun texte ne vient définir avec précision comment se caractérise l’atteinte psychique. Il est donc excessivement simple, pour tous, de se prévaloir d’une telle atteinte. Toutefois, de nombreux cas de violences policières sont exposés sur les réseaux sociaux grâce à la publication de vidéos témoignant des bavures. C’était notamment le cas pour Cédric Chouviat en 2019, livreur décédé des suites d’une interpellation policière. Une interpellation qui avait été diffusée sur les réseaux sociaux, ce qui avait permis de constater l’utilisation du plaquage ventral, pratique fortement déconseillée et connue pour sa dangerosité. De nombreux opposants à ce projet se battent pour conserver le droit à l’information, comme l’association Amnesty International ou encore Raphaël Glucksmann, en proposant des alternatives à cette loi tout en protégeant nos libertés.


Quelle est votre opinion? Auteur: Lena Barzic

Rédactrice en chef: Agathe Forster

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