Pourquoi la lutte contre le changement climatique est-elle si importante pour les pays du Golfe?


Avec le projet NEOM, ville pharaonique alimentée par les énergies renouvelables, Mohammed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie Saoudite, entame un virage à 180° avec les monarchies du Golfe en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, la position des Etats du Golfe est paradoxale au vu de leurs empreintes écologiques parmi les plus élevées au monde et de leur économie reposant sur les hydrocarbures. Il est donc intéressant de se demander pourquoi la lutte contre le réchauffement climatique devient le fer-de-lance des pétromonarchies du Golfe Persique.


Tout d’abord, un tournant écologique devient tout particulièrement nécessaire dans la région comme le montrent les prévisions désastreuses concernant le stress hydrique ou la hausse des températures dans le Golfe Persique qui pourraient ne plus être supportables pour l’Homme d’ici la fin du siècle.


Mais investir dans la lutte contre le réchauffement climatique est aussi une possibilité de penser l’après-pétrole pour ces Etats dont l’économie dépend majoritairement de leurs ressources. Même s’il est encore difficile de mettre une date sur l’épuisement des ressources pétrolières, la demande internationale risque d’évoluer vers les ressources gazières ou des énergies plus vertes, comme avec le projet Masdar City des Emirats-Arabes-Unis, une ville alimentée en grande partie par l’énergie solaire.


Alors que les Etats du Golfe ont longtemps tardé à s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique au niveau international, en freinant par exemple le processus des Accords de Paris, ils semblent désormais prêts à s’investir pour penser l’avenir de leurs économies.


Auteur: Alice Duveau

Rédacteur en chef: William.ft