Pourquoi la position du Qatar complique-t-elle la possibilité d’une réunification au sein du Golfe?


Depuis 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu leurs relations avec le Qatar, accusé d’être trop proche de l’Iran et de soutenir des mouvances islamistes. Pourtant, le mardi 7 janvier 2020 a eu lieu le sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en Arabie Saoudite afin de penser une possible réconciliation entre les différents pays concernés.

La difficulté dans le processus de pacification des relations des pays du Golfe réside notamment dans les liens étroits qui unissent le Qatar et l’Iran. En effet, ces derniers disposent de relations historiques et stratégiques communes puisqu’ils partagent le plus grand champ gazier de la planète, de quoi forger des relations d’intérêt mutuel mais aussi d’indépendance énergétique et financière. Par ailleurs, il faut savoir que l’une des priorités du CCG est d’assurer la sécurité des monarchies du Golfe face à la République Islamique d’Iran. Accusé d’appuyer les Frères musulmans classés « terroristes » par Le Caire et par les pays du Golfe, le Qatar devait donc se conformer à une liste d’exigences imposées par l’Arabie Saoudite et ses alliés. A titre d’exemples, ils demandent la fermeture de la chaîne Al Jazeera ou encore la réduction des relations avec l’Iran. Doha, capitale du Qatar, voit d’un très mauvais œil ces conditions « destinées à empiéter sur la souveraineté de l’État du Qatar » selon le ministre des Affaires étrangères du Qatar. La situation est d’autant plus complexe quand on intègre les pressions exercées par les États-Unis dans le but de resserrer les liens des pays du Golfe face à l’Iran, que l’administration Trump tente jusqu’au bout d’isoler. Une affaire complexe qui risque de faire planer encore beaucoup d’incertitudes face à la présidence Biden.


Auteur: Camille S Rédacteur en chef: William F