Pourquoi la proposition de reprendre les sommets avec la Russie a-t-elle été mal accueillie?



La proposition allemande, qui a été étudiée le 24 juin et consistait en la réorganisation de sommets entre l’Union européenne (UE) et la Russie, a été rejetée par certains membres du Conseil européen (ensemble des chefs d’État ou de gouvernement). Cette proposition, qui a été ouvertement soutenue par la France, visait à contrebalancer le retour américain en Europe, notamment sur la question russe avec une reprise de dialogue qui s’était faite sans les Européens. Les deux présidents se sont en effet rencontrés le 16 juin en Suisse. De nombreux pays européens ont considéré cette proposition comme irréfléchie et irresponsable. L’arrêt du dialogue avec la Russie remonte à 2014 et était dû à son annexion de la Crimée. Suite à cet événement, les accords de Minsk ont été signés en 2015 entre l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine. Si ces accords ne sont toujours pas appliqués de manière effective, nombre de pays conditionnent le retour du dialogue avec la Russie à un respect de ces accords et à la restitution de la Crimée à l’Ukraine.

Aujourd’hui, les pays les plus réfractaires à un retour à la normale avec la Russie sont ceux qui placent la menace russe au centre de leurs préoccupations sécuritaires. Ainsi, les pays d’Europe orientale (la Pologne ou l’Estonie) et du nord (principalement la Finlande) sont les plus réticents à toute avancée sans garantie apportée par les Russes. Cette proposition est d’autant plus mal comprise que l’Allemagne a adopté une position ferme face à la Russie au moment de l’empoisonnement de l’opposant au régime Alexeï Navalny.

Ainsi, si la proposition allemande a pu choquer certains et bien qu’ayant été rejetée, il n’est pas exclu de voir à l’avenir un fossé idéologique se creuser sur les questions de sécurité entre les pays d’Europe orientale, très préoccupés par la menace russe, et l’Europe occidentale, plus décomplexée.


Auteur: Colleen

Rédacteur en chef: Francois Ladouce