Pourquoi la question autour de la région du Cachemire semble-t-elle, encore aujourd’hui, insoluble ?


Les tensions du mois de janvier dans la région du Cachemire ont ravivé celles existantes depuis la dissolution de l’empire britannique en 1947. Cette région, divisée en trois parties, a été le théâtre d’affrontements entre l’Inde et le Pakistan et a vu par la suite l’entrée en scène de la Chine.


Quasi centenaire, la question du Cachemire est un conflit gelé dans lequel les acteurs étatiques essayent de s’accaparer ce territoire stratégique par deux aspects. D’un point de vue géographique, la région constitue un intérêt non négligeable pour les puissances voisines. D’un point de vue géologique, le fleuve Indus représente un atout majeur dans la région.


Pour l’ensemble des États, la région représente une zone territoriale tactique. L’Inde y voit une opportunité d’étendre son territoire face à l’expansion sino-pakistanaise tandis que les Pakistanais veulent s’approprier cette région habitée majoritairement par des musulmans. Enfin, la Chine est également un acteur à prendre en compte puisque l’expansion du pays a pour but de renforcer les liaisons avec les provinces sensibles du Xinjiang et du Tibet.


Dépassant la simple question territoriale, la région possède des atouts économiques et géologiques de par la présence du fleuve Indus. Ce dernier devient de plus en plus essentiel pour l’Inde et le Pakistan en raison de leur croissance démographique constante ainsi que l’épuisement progressif des nappes phréatiques. Dès lors, le contrôle de la région permettrait à la fois de sécuriser un accès à l’eau mais aussi à la navigation sur le fleuve.


Outre l’aspect stratégique de la région pour les acteurs étatiques, d’autres raisons politiques, religieuses et culturelles engendrent un conflit permanent au sein duquel aucun Etat n’est prêt à céder sur la question du Cachemire. Exacerbé par une tension indo-pakistanaise, la région du Cachemire a donc pour vocation à rester un problème insoluble.


Auteur: Arnaud Izzard

Rédacteur en chef: Hugo Buton