Pourquoi la question de l’héritage pose-t-elle problème en France ?


En France, 1% des héritiers perçoit 53% des héritages. À l’inverse, la majorité de la population ne touche pas ou peu du capital transmis par ses parents. Cependant, la question de l’héritage n’est pas au cœur du débat politique en France. Pourtant, beaucoup d’économistes la considèrent comme l’une des plus importantes sources de reproduction des inégalités économiques et sociales.

Bien que la majorité des français ne touchent pas ou peu d’héritage, 80% de la population se déclare opposé à sa plus grande taxation, qui aurait pourtant des effets redistributifs. Alors que des penseurs du 19ème siècle tels que Mill ou Durkheim proposaient de réformer l’héritage, la question a désormais déserté le champ politique. Aujourd’hui, la majorité des transmissions parent-enfant n’est pas imposable.

La réforme de l’héritage pose tout d’abord une question philosophique. Transmettre son patrimoine économique à ses enfants serait un acte moral et vertueux. Bien que la famille ne soit plus l’unique lieu de transmission, la collectivité accepte toujours que le pouvoir économique se transmettre héréditairement.

Puis, certains économistes avancent qu’une taxation de l’héritage inciterait les gens à moins épargner. Toutefois, des chercheurs ont démontré que les individus n'économisent pas uniquement en fonction de leur descendance, mais également par précaution ou prévoyance. En revanche, selon Andrew Carnegie, le fait d’hériter d’une somme d’argent importante serait un frein à l’esprit d’entreprendre et inciterait à travailler moins.


Enfin, la suppression de l’héritage ne permettrait pas d’abolir toutes les inégalités sociales héréditaires. En effet, plusieurs autres facteurs tels que la transmission culturelle ou encore les réseaux de connaissances entrent également en jeu dans la reproduction intergénérationnelle des privilèges.


Auteur: Léo Aguesse


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